Mayi 2009 : les Batanga ont feté la 93è anniversaire du retour de la déportation
Pour la 93ème année, les batanga, version Banho’o se sont souvenus le 9 mai dernier du retour de leurs ancêtres de la déportation.
Comme un seul homme, ils se sont regroupés autour du thème, « Mayi ma Etomba, mayi ma Betuta », pour célébrer l’événement. Sous la direction de l'Etuta Nyodi mu ngondè, plusieurs activités sportives et culturelles ont émaillées toute la semaine. Notamment, la natation, la course des pirogues, la projection de film, des tables rondes et des opéras. Le clou de ces activités était le défilé carnavalesque dans les artères de la cité balnéaire, le samedi 09 mai. Une journée qui a connue l’improvisation de dame pluie ; ce qui n’a pas pour autant fait reculer les fils et filles de Banho’o dans leur engagement à perpétuer la tradition des anciens. Dernière sa majesté Michel Mahouvé III, chef supérieur Batanga, la marée humaine est partie de Ndabo Itondi, la grande salle culturelle de Mboamanga, aux environs de 11heures ; au son et au rythme de la fanfare, elle a parcouru la ville sous le regard des curieux formant des haies de part et d’autre des artères de la cité balnéaire. Le cortège est arrivé à la place des fêtes de Kribi avec l'éfigie, grandeur nature du regretté général Bénaé Mpecké, où l’attendait l’administration locale qui tenait à rendre un hommage mérité à la tradition Batanga et saluer la mémoire des ancêtres.
Au moment où cette célébration se déroule, un débat circule dans les rangs, à savoir l’uniformisation des fêtes Batanga. Ce qui a fait d’ailleurs l’objet de la projection d’un documentaire titré « l’union sacrée du peuple Batanga ». Pour le réalisateur et certains notables, il est question de trouver une date unique pour les Bapuku qui célèbrent le retour de la déportation le 14 février, alors que les Banho’o le font le 9 mai ; les tenants de cette thèse estiment qu’il existe des relents de division et d’entrave à l’unité par cette multitude de célébrations. Mais pour sa majesté Mahouvé III, cela est un faux débat. « Moi, je m’achemine vers le centenaire du Mayi ; c’est un faux problème qu’est la célébration d’une fête unique ». A-t-il déclaré.
Publié le 30 May 2009