Louis Jacques Mazo : « Le développement de la cité, une préoccupation pour toutes les élites »
Comment ressentez-vous la lourde charge qui est la vôtre à la tête de la Communauté urbaine ?
Je veux d’abord exprimer un sentiment d’extrême gratitude à l’endroit du chef de l’Etat. Je m’attendais à tout, à sauf me retrouver à la tête de la Communauté urbaine de Kribi. J’ai les capacités pour réussir, les moyens sont une autre histoire. Nous monterons des dossiers pour solliciter les financements auprès de l’Etat et de certains organismes financiers, pour mener à bien cette lourde et délicate mission que m’a confiée le Chef de l’Etat.
Quelles sont les préoccupations majeures de l’exécutif communal ?
Nous avons l’obligation de soigner d’abord le côté balnéaire de Kribi, et mettre ensuite un point d’honneur sur l’hygiène et la salubrité. Je vais redonner le côté exotique et naturel aux plages, en clairsemant les allées de cocotiers avec des pavés, placer des bancs publics en face de la mer. Un accent sera mis sur l’aménagement des plages, l’éclairage public, la voirie urbaine, la lutte contre les désordres urbains.
On parle de plus en plus des problèmes fonciers dans cette cité qui se développe. Qu’en est-il ?
J’ai toujours mal perçu le fait que les commissions consultatives à partir desquelles sont faites les descentes sur le terrain n’associent pas les maires et les responsables municipaux. J’ai toujours dénoncé cette manière de fonctionner pendant les dix ans que j’ai exercé comme secrétaire général de la mairie. Je demanderai que la Communauté Urbaine soit associée à toutes les transactions foncières, et je dénonce le côté fantaisiste des géomètres qui font des bornages illégaux et laissent signer des documents sur des endroits prévus pour la réalisation des routes.
Le ministre des Domaines et des Affaires Foncières a récemment condamné l’occupation du domaine national à Kribi. Comment comptez-vous résoudre le problème ?
Je vais demander des concessions à l’Etat sur les terrains contigus aux plages. Que ces espaces relèvent de l’autorité de la Communauté Urbaine. Pour qui est du continent, j’ai dans ma vision des concessions pour constituer des réserves foncières qui permettront de désengorger les quartiers populeux et de servir de zones de recasement aux populations qui, à coup sûr, seront déplacées. Des routes seront réalisées en respectant le plan cadastral. La contrepartie sera un lot où les déguerpis devront s’installer.
Quelles dispositions sont prises pour accueillir Kribi, pool économique ?
La zone industrielle est excentrique. C’est une nouvelle ville qui sera créée vers le complexe portuaire après des chutes de la Lobé. On ne peut pas juguler le côté démographique. On va focaliser nos efforts pour que les jeunes qui ne sont pas nombreux aient un emploi. Qu’on ne revive pas la situation qu’on a connue avec COTCO pour le pipeline, tout le personnel venait d’ailleurs. Le président de la section RDPC Océan Sud-Ouest M. Mba Mba et moi travaillons là-dessus. La priorité aux natifs.
Comment se présente la cohabitation avec les mairies et notamment entre les populations ?
Avec les deux maires, Martin Benae Bell (Kribi 1er) et Guy Emmanuel Sabikanda (Kribi 2e), tout se passe très bien. Nous travaillons la main dans la main et de façon collégiale. Nous effectuons les descentes sur le terrain avec les conseillers de la Communauté. Par ailleurs, je mets un accent particulier pour mettre un terme à cette lutte fratricide qui oppose les frères Batanga et Mabi. Elle ne devrait pas exister, mais certains individus mal intentionnés sont les instigateurs de cette situation. Je travaille avec les chefs traditionnels et les notables. Quelle n’a pas été ma joie de voir les Mabi défilés samedi dernier dans les rangs des Batanga en fête. J’ai toujours prêché la paix entre mes frères, élites ou pas. Je les amène à épouser un seul point, à savoir le développement de notre cité. J’insiste que tous mettent de côté les querelles de leadership, ethniques ou « de famille ». C’est nous qui devront construire notre ville. Kribi a toujours été un havre de paix.
Qu’est-ce que la postérité pourra retenir du premier délégué du gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Kribi ?
Je souhaite que la postérité retienne que M. Louis Jacques Mazo a marqué de son seau, l’image d’une ville qui sera au départ transformée et où il fera bon vivre. Ce qui est certain, les populations verront que Kribi a changé.
Publié le 30 May 2009